La grammaire minimaliste et raffinée de Philippe Soussan est un piège. Un piège pour l’intelligence, un piège philosophique. Une allitération. Un savant montage. Une mise en abîme sensible qu’il nous faudra décrypter dans un effort quasi-physique de souplesse et d’imagination. Un jeu sur les idées, sur le hors-champ, aussi. Le sujet -une chaise, une table, une pomme- “still-life” de prime abord, soudain nous illusionne. Impression invraisemblable de s’élancer à l’assaut d’un espace étrange. Gymnastique délicate qui nous entraîne du vrai au faux, de la certitude au doute, de l’objectivité au mirage. Une partie de notre cerveau, cherchant à discriminer ce que le regard lui transmet, s’emploie, avec un plaisir un brin équivoque, à nous éclairer sur le sens à donner à ces mises en scène.

Pascale Geoffroie 2012